La présente étude répond à deux questions fondamentales: 1) Quelle importance revêt l'industrie des spiritueux pour l'économie du Canada? et 2) Dans quelle mesure, le cas échéant, les spiritueux sont-ils imposés différemment des autres sortes d'alcool? Il importe que l'industrie et les décideurs obtiennent une réponse à ces questions pour comprendre les enjeux du débat. En outre, ces réponses permettent de formuler des idées et des points de vue cruciaux pour faciliter la prise de decisions par l'État.
Même si elle constitue un secteur de taille relativement petite au Canada, l'industrie des spiritueux a généré directement et indirectement une activité économique (PIB) d'une valeur de
2,6 milliards de dollars en 1993-1994, et près de 16 000 emplois en dépendaient. Ce nombre comprend les personnes qui s'occupent de la production, du commerce de gros et du commerce de détail des spiritueux ainsi que les personnes qui travaillent dans les secteurs qui fournissent des biens et services à l'industrie des spiritueux. La productivité du travail de l'industrie était supérieure à celle des industries de la bière ou du vin, chaque employé produisant une activité économique aux prix du marché de 165 000 $ comparativement à 108 000 $ dans le cas de l'industrie de la bière et à
119 000 $ dans celui de l'industrie du vin.
Pourtant, les difficultés auxquelles fait face l'industrie des spiritueux depuis une décennie ont fait l'objet de nombreuses études: baisses draconiennes des ventes et pertes d'emplois. Le volume des ventes de spiritueux par habitant a diminué de 39 p. 100 de 1983-1984 à 1993-1994. Cette situation a suscité un débat sur les causes à l'origine de ces tendances. Au coeur de ce débat figure la question du fardeau fiscal relatif imposé aux différentes boissons alcoolisées, au pays et à l'étranger.
Bien que le fardeau fiscal imposé aux spiritueux par rapport à celui de la bière soit pratiquement le même au Canada et aux États-Unis (c.-à-d. ratio de 1,6 contre 1), le prix de détail des spiritueux vendus au Canada est beaucoup plus élevé qu'aux États-Unis. Après prise en compte des écarts dans la concentration d'alcool, les taxes et les prélèvements obligent le consommateur ontarien à dépenser près de six fois plus que le prix du fabricant pour acheter un litre de spiritueux. Dans le cas de la bière, le prix à la consommation est environ deux fois et demie plus élevé que le prix du fabricant tandis que celui du vin est trois fois plus élevé. Les taxes sur les spiritueux constituent 71 p. 100 du prix à la consommation de ce produit tandis qu'elles représentent 56 p. 100 du prix du vin et 49 p. 100 du prix de la bière.
Droits d'auteur
© 1999 Association des distillateurs canadiens